La chronopharmacologie

chronopharmacologie

Les médecins sont depuis longtemps habitués à voir certains problèmes de santé survenir à des moments plus spécifiques de la journée que d'autres. Il en est ainsi pour les problèmes cardiaques comme les infarctus qui ont souvent lieu le matin et, au contraire, des crises d'asthmes importantes la nuit. Comme le corps humain semble plus vulnérable à certains moments de la journée ou de l'année, il est logique de penser qu'il pourrait être plus réceptif à certains médicaments à une heure plus précise de la journée.

Qu'on les appelle parfois chronothérapie ou chronopharmacologie, ces types de sciences ou de recherches, assez novatrices et peu connues, ont pour but de déterminer si un médicament pourrait produire de meilleurs effets ou moins d'effets indésirables à un temps particulier du jour.

Y a-t-il donc un moment idéal pour prendre son traitement ? Le matin, le midi, le soir, au coucher ? Ainsi la chronopharmacologie permet d’optimiser le traitement, d’éviter les sous-dosages et les surdosages, et de diminuer les effets secondaires.

La rhinite allergique par exemple connait son pic à 6 h du matin car il est lié à la sécrétion de l’histamine la nuit, c’est donc pourquoi il faut prendre les antihistaminiques le soir au coucher.

Les crises de goutte arrivent, elles aussi, à l’aube donc la prise d’un antigoutteux, la colchicine généralement, se fera en une prise le soir puisque l’accumulation des cristaux d’acide urique intra-articulaire se fait la nuit.

C’est vers 4h du matin qu’ont lieu généralement les crises d’asthme, les traitements spécifiques se prendront là aussi le soir.

L’acidité gastrique connait un pic vers 22h, c’est pourquoi l’on recommande de prendre les pansements gastriques qui forment un gel au contact du contenu de l’estomac et surnageant dans celui-ci, le soir après le repas et au coucher.

Et ce ne sont que des exemples parmi d’autres. C’est en cancérologie que les recherches sont les plus actives et les résultats, dans cette spécialité, sont probants. Dans le cas d’un cancer du poumon, un médicament spécifique administré à 4h du matin permet une amélioration de près de 50% par rapport au même traitement administré à 16h.

Pourquoi vous dit-on de prendre un médicament avant, pendant ou après le repas ? Car les aliments peuvent aussi moduler l’efficacité du principe actif en fonction du moment d’absorption et des aliments ingurgités. Le lait, par exemple, inhibe la gastro-résistance des comprimés et peut aussi former des complexes insolubles ne pouvant traverser les membranes. Il est par contre recommandé dans la prise de certains antipaludéens pour favoriser son absorption.

Le thé empêche l’absorption du fer en formant des tannâtes ferriques.

Les buveurs de café doivent faire attention à certains antibiotiques car l’augmentation de la caféinémie sanguine entrainant des palpitations et de l’hypertension.

Suivant la boisson prise avec le traitement certaines enzymes peuvent augmenter la toxicité du médicament, ce qui est le cas du jus de pamplemousse qui peut entrainer une augmentation de la concentration sanguine de certains anticholestérols et donc leurs effets indésirables.

Le jus d’orange ne se marie pas vraiment bien avec les bêtabloquants.

Alors pour éviter tous risques et profiter au mieux des bienfaits du traitement qui vous a été prescrit, n’hésitez pas à discuter de tout ceci avec votre pharmacien qui sera à même de vous conseiller au mieux sur la manière et l’heure de prendre vos médicaments !


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