La lavande en danger

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La lavande et ses champs sont un symbole de la Provence avec ses étendues bleues qui sont incontournables du sud-est de la France.  Pourtant cette plante si belle et si odorante est en danger à cause d’un vilain petit insecte, la cicadelle, qui crée des dégâts immenses sur la lavande et le lavandin.

La cicadelle est une toute petite cigale de 2 millimètres qui raffolent des racines et des plants de lavande et de lavandin. Mais là ne s’arrête pas l’histoire dramatique du fléau qui s’abat sur les plants de lavande car cette cicadelle est vectrice du phytoplasme tout au long de son cycle de développement. Ce phytoplasme, sorte de bactérie sans paroi cellulaire empêche ensuite la sève de circuler. La lavande arrête de grandir, feuilles et tiges se mettent à jaunir puis la plante meurt en trois années à peine !

La cicadelle est un insecte piqueur-suceur qui s'alimente en piquant le végétal. Elle peut donc ingérer des phytoplasmes sur une plante malade et ensuite les transmettre sur une plante saine, et ainsi propager la maladie du dépérissement d'une plante à l'autre.

Ainsi l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et d’autres organismes comme le CRIEPPAM (Centre régionalisé interprofessionnel d’expérimentation en plantes à parfums aromatiques et médicinales) planchent sur le problème depuis longtemps déjà. Mais l’éradication de cet insecte et de la bactérie qu’elle véhicule est complexe car la lutte directe n'est pas possible car les antibiotiques, les molécules actives efficaces contre les bactéries, sont interdites d'utilisation sur les cultures en France. La lutte chimique directe contre la cicadelle  est difficile à envisager. En effet, les larves sont intouchables par un insecticide classique car elles vivent dans le sol, et parfois à plusieurs dizaines de cm de profondeur. Quant aux adultes, leur période de vol correspond à la période de floraison des lavandes / lavandins et donc à la présence d'abeilles. Le recours à l’enherbement de blé, d’avoine ou de lin comme barrière visuelle entre les rangs n’a jusqu’à présent que peu de résultats.

Alors quelle est la solution ?

Entre 2005 et 2009, près de 50 % des surfaces cultivées de lavande en France n'ont donné aucune récolte ! Alors la seule solution reste la création de variétés de lavandes et lavandins plus résistantes mais également la mise en terre de  jeunes plants, qui, placés sous filets anti-insectes, poussent désormais sous serre avant d'être repiqués. Cette méthode est un succès puisque depuis trois ans, ces mesures ont permis de redresser la production.

En outre des sociétés comme l’Occitane en Provence, connue pour ses produits de beautés, ou le parfumeur Givaudan, numéro un mondial de la création de parfums et d'arômes qui a également protégé la culture de la vanille de Madagascar, participent activement à l’action du CRIEPPAM en offrant un important appui financier.

Souhaitons donc que ce vilain petit insecte laisse nos champs de lavandes en paix et que la production française qui est de 60 tonnes par an (autant que la Bulgarie mais moins que la Chine ou la Moldavie) soit sauvée et cela sans avoir à polluer les sols de notre beau pays !


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