Que vont devenir nos agriculteurs ?

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Si le nombre d'installations de nouveaux agriculteurs est toujours en léger repli en 2012 en France, on sait désormais que la profession continue par ailleurs à se féminiser lentement.Les femmes représentent désormais 30% des nouveaux installés. Mais l’on sait aussi que la profession connait de réels problèmes et la question que l’on se pose est celle-ci : que vont devenir nos agriculteurs ?

Allons-nous vers la fin de l’agriculture traditionnelle et avec elle la fin des paysages qui fait de notre pays ce qu’il est ?

Dans tous les cas la parole se libère et la première étude officielle sur le suicide chez les agriculteurs, réalisée par l'Institut national de veille sanitaire (INVS) nous apprend qu'entre 2007 et 2009, cinq cents agriculteurs se sont donné la mort en France. C'est ainsi la troisième cause de mort dans le monde agricole, après les cancers et les maladies cardiovasculaires. Selon Dominique Barrau, secrétaire général de la Fédération nationale des exploitants agricoles (FNSEA), cette situation dramatique s'explique par "une pression administrative très forte". "On est depuis 20 ans sur le marché mondial avec des prix à la baisse et une chaîne alimentaire qui ne fait pas de cadeaux aux producteurs".

Les agriculteurs doivent sans cesse faire face à de nombreuses difficultés et sont souvent stressés. Ils devraient être pris en charge par des professionnels mais il leur faut accepter avant tout de parler, d’avouer leur mal et leurs problèmes. Et cela est chose difficile dans le milieu agricole. C’est un métier difficile ou il faut travailler sans compter ses heures pour, souvent, un minimum de revenus et peu d’aide extérieure.

En plus du contexte économique difficile, de nouveaux problèmes voient le jour comme les vols par exemple, 8 000 en seulement 8 mois ont été commis dans des exploitations agricoles.  Pommes de terre, céréales, ail et même les troupeaux sont ainsi touchés, dépecés en plein champs sans parler des vols en série de tracteurs !

Et la ville et la banlieue gagne tous les jours un peu plus sur la campagne, obligeant les agriculteurs à déménager. Tous les 10 ans c’est l’équivalent d’un département français qui disparait en France. Est-ce vraiment le prix à payer pour le développement économique ? Selon le Syndicat des jeunes agriculteurs, ce sont 26 m2 de terres agricoles cultivables qui disparaissent en France chaque seconde. L'artificialisation des sols représente donc 820 millions de m2 de terres agricoles en moins chaque année. Et l’artificialisation se porte majoritairement sur les meilleurs sols, avec une pression forte le long du littoral.

Et pour finir nombre d’agriculteurs se voient contraints de vendre leurs terres en raison de  la taxe sur le foncier non bâti. En effet il est prévu de taxer de plus en plus lourdement le mètre-carré de terrain non-bâti pour inciter les propriétaires à vendre et pour y construire des logements. Oui mais voilà, la plupart d'entre eux sont des agriculteurs qui s'inquiètent pour le devenir de leur exploitation.

En plus d'un impact sur la biodiversité, la disparition des terres agricoles  signifie la disparition du support pour la production alimentaire et la modification du paysage français. Alors quel est vraiment l’avenir de nos agriculteurs ? Souhaitons que le ralentissement économique voit dans le même temps freiner les projets d’urbanisation……….


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