Nos rivières en mauvaise santé

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Seules 7% des cours d’eau français sont en très bonne santé et 38% en seulement bon état selon l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), cet organisme chargé de dresser un diagnostic de la qualité hydromorphologique des cours d’eau, comme le requiert dorénavant la directive cadre sur l’eau.

Une étude a été menée en 2009 suivant un protocole de mesures sur 240 stations où des experts mandatés mesurent la géométrie du lit du cours d’eau - largeur, profondeur, pente de la ligne d’eau - le débit, les faciès d’écoulement, la granu-lométrie, le substrat (minéral et organique), le colmatage du lit, la nature et la structure des berges etc.

Suivant cette étude nos rivières sont donc malades par une trop grande présence de PCB, ces polychlorobiphényles, dérivés d’hydrocarbures toxiques utilisés dans les transformateurs. Ces PCB s’accumulent dans les sédiments des rivières, les barrages ou dans les estuaires et on les retrouve bien évidemment dans les coquillages, les mollusques, les poissons, d’où un risque pour notre santé. Ces PCB se concentrant dans les graisses l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a donc recommander d’éviter de pêcher certains poissons dans les eaux polluées, comme l’anguille, le barbeau, la brème, la carpe etc…

Mais d’autres polluants sont très présents dans les rivières, les fameux nitrates émis principalement par l’agriculture, les engrais azotés utilisés également par les agriculteurs en abondance. Il faut savoir que chaque année un million de tonnes d’excédents d’azote sont lessivés par la pluie et entrainés dans les rivières et les nappes phréatiques avant de se retrouver dans la mer. Et l’engrais qui fait pousser les semences dans les champs fait également pousser les plantes dans eaux et l’on retrouve dans les rivières un phénomène appelé eutrophisation qui fait se développer anormalement certains végétaux au point d’étouffer les autres formes de vie, qu’elles soient animales ou végétales.

Ce qui est d’autant plus troublant c’est que l’on retrouve dans nos cours d’eau des polluants interdits comme dans le Rhône notamment où a été trouvé du glyphosate, le principe actif du Round-up, un pesticide de la firme Monsanto.

Le constant de l’Onema est pourtant contesté par le WWF qui reproche de n’avoir pris en compte qu’un petit nombre de polluants dans cette analyse et d’en avoir exclu d’autres.

D’ailleurs ce même WWF est en train de préparer le label « Rivière sauvage » qui distinguera les 5% de rivières encore intactes en France, c'est-à-dire non transformées par l’homme. Le responsable de ce projet, Martin Arnould, déclare : « Nous avons alors décidé de construire une culture de réconciliation avec la rivière, comme elle existe aux États-Unis, en Australie ou en Suisse, et ainsi créer des réseaux de rivières protégées, indemnes de toute atteinte, sauvegardées, à l’instar du littoral avec l’action reconnue et remarquable du Conservatoire du littoral. Ainsi est né le projet de réseau Rivières sauvages, naturellement en lien avec les diverses institutions en charge de la gestion du capital rivière : l’Onema, les agences de l’eau, les syndicats de rivière, les universités, mais également les entreprises privées qui souhaitent participer à la protection des rivières sauvages. »

Et pour finir, sachez qu’il n’y a pas que la pollution de l’eau qui influe sur la qualité de nos rivières mais également l’aménagement des berges, en fait tout ce qui modifie ou fait obstacle à son cours naturel  a un impact.

Alors si au cours de vos balades vous voulez en savoir plus sur la qualité  des cours d’eau que vous rencontrez, vous pouvez télécharger l’application Qualité rivière sur App Store et Google Play.


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