La France, première productrice d’Europe de talc !

talc

Le talc ne sert pas uniquement à poudrer les fesses des bébés ou les mains des gymnastes, il entre dans la composition de nombres de matériaux et la France en est la première productrice en Europe avec ses nombreuses carrières situées principalement en Ariège.

S’il est connu depuis des années pour les soins des bébés, le talc entre aujourd’hui dans la composition des cosmétiques, de la céramique, du papier ou, chose plus étrange, des matières plastiques ou du caoutchouc et de la peinture.

C’est à Luzenac que  l’on retrouve une des plus grandes carrières de talc du monde à ciel ouvert avec une superficie de 1 100 hectares qui surplombe à 1800 mètres d’altitude les vallées de l’Ariège, la carrière de Trimouns.  Dans ce gisement ariégeois, le talc noble représente 3% de la production: on l’utilise essentiellement en pharmacie, en cosmétologie, pour la fabrication des dentifrices, des parfums mais également dans les confiseries, la charcuterie industrielle… ou en chirurgie des poumons pour recoller la plèvre.

Les 97% restants sont constitués par le talc dit industriel qui rentre notamment dans la composition de la pâte à papier (meilleure impression), la céramique, la peinture (meilleure application), le caoutchouc, les explosifs, les matières plastiques…

Les hommes se relaient 6 mois de l’année dans cette carrière de talc, une des plus grandes du monde. La première opération consiste à déblayer les roches inutiles pour accéder au précieux gisement, gisement formé il y a un million d’années dans cette faille coincée entre deux masses rocheuses. C’est une roche à priori dure qui a la particularité d’être le minéral le plus tendre. Il y a donc dans cette carrière de Trimouns dix qualités de talc, du plus gris au plus blanc, le plus pur. Il faut 8 tonnes de déblais pour 1 tonne de talc. Après le passage des artificiers qui font imploser la roche en profondeur pour la broyer, c’est une pelle hydraulique géante montée sur chenilles qui évacue 30 tonnes de roches stériles par godets sur d’imposants camions bennes (d’une capacité de 100 tonnes) vers une zone de décharge.

Une fois trié et réduit en morceaux par un concasseur, le minerai est descendu vers l’usine par un téléphérique de 5 kilomètres de long produisant sa propre électricité (1000m de dénivelé en 24 minutes).

Il fonctionne depuis 1976 à une cadence de 180 tonnes/heure et permet d’acheminer 3800 tonnes de talc par jour tout en évitant 15 000 allers-retours de camions sur la route de Trimouns pendant les campagnes d’extractions…

A l’arrivée des minerais à l’usine de Luzenac, ceux-ci sont stockés dans d’immenses hangars d’une superficie équivalente à deux terrains de foot, soit une capacité totale de 300 000 tonnes. Le minerai qui contient en moyenne 5% d’eau doit être asséché avant broyage: des fours rotatifs à 80° assèchent 14 tonnes de talc à l’heure.

Enfin, des moulins gigantesques ou «broyeurs pendulaires» réduisent les morceaux de talc en une poudre de finesse standard permettant de répondre à de nouvelles utilisations (1500 tonnes sont expédiées/jour dans des camions ou des wagons citernes).

La société Talcs de Luzenac France, soucieuse de préserver la qualité de l’environnement et du cadre naturel, investit chaque année 150 000 euros dans des programmes permettant notamment de réduire l’impact visuel, les émissions de poussière, les fumées, le bruit, pour gérer les déchets et épurer l’eau.

Parmi les clients de la société de Luzenac on retrouve, par exemple, un fabricant de planches pour terrasses et palissades. Ainsi le talc entre dans la composition de ces planches avec du bois sous forme de farine et de résine en granulés. Le talc, ainsi employé, empêche l’humidité d’entrer dans les planches mais surtout leur apporte une résistante mécanique qui leur permet de ployer sans se briser. Et ce n’est pas tout car d’autres sociétés font appel aux talcs de Luzenac comme cette société de laques pour sols qui utilise le talc pour épaissir ses produits.

le Talc de Luzenac France qui fait partie du  groupe Rio Tinto depuis 1988 a une production qui est aujourd’hui de 435 000 tonnes, soit un chiffre d’affaires de plus de 85 millions d’euros (ce qui en fait le premier employeur de la Haute Ariège et le troisième du département). Et l’on estime la réserve  à 50 millions de tonnes… soit encore un siècle d’extraction possible!


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