Un sanctuaire monumental découvert dans l’Oise

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L’histoire commence simplement : un supermarché doit ouvrir dans l’Oise. Comme le veut la loi, le directeur de ce supermarché fait venir une équipe d’archéologues et là, une découverte incroyable est mise à jour, un sanctuaire monumental retrouvé sous un ancien terrain de football à quelques mètres d’une route nationale à une trentaine de kilomètres des ruines gallo-romaines de Champlieu.

Pourtant rien n'indiquait que ce terrain ait pu renfermer un trésor vieux de près de 2.000 ans. « Ce champ a peut-être été cultivé au Moyen-Age, mais il a ensuite été laissé en friche. Et depuis la fin de la seconde Guerre mondiale, c'était un terrain de foot », explique Véronique Brunet-Gaston responsable du chantier de fouilles. « Daté de la seconde moitié du IIe siècle de notre ère, l'édifice dressait à l'époque sa "façade grandiose sur 70 mètres de long et plus de 9 mètres de haut", jusqu'à ce qu'il s'effondre comme un jeu de construction », explique-t-elle aux journalistes.

Depuis le début des fouilles, voici deux mois environ, les archéologues ont mis au jour une série centrale de treize arcades, « dont quasiment tous les blocs sont encore en place sur le terrain », gisant à l'horizontale tels qu'ils sont tombés. Mais aussi « une frise qui représente presque intégralement les dieux du panthéon gréco-romain », « des sculptures de très grande qualité » dans un style presque hellénistique « unique dans le nord de la Gaule », relève cette spécialiste de l'architecture antique.
    
Même si la plupart ont été brisées ou abîmées dans l'effondrement de l'édifice, le terrain sablonneux a laissés ces vestiges dans un excellent état de conservation. Comme ce bas relief représentant Vénus accroupie, une tête de vieille femme très expressive à ses côtés: « c'est le seul exemple que je connaisse dans le monde romain », assure-t-elle.

Face à une telle découverte, le travail ne fait que commencer, il y en a pour des années d’études. Pour l’heure la préoccupation est de protéger le site contre les pilleurs et de trouver un local assez grand pour pouvoir stocker délicatement le millier de blocs et fragments de ce sanctuaire qui n’a pas fini de faire parler de lui.


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