La pêche en eaux profondes

peche-en-eaux-profondes

Depuis la fin de l’année 2013 l’on ne cesse de nous parler de la pêche en eaux profondes, de la décision du Parlement européen qui n'a pas interdit aux professionnels de remplir leurs chaluts tractés sur les fonds marins à plus de 200 mètres de profondeur, contrairement aux propositions de la Commission européenne et des distributeurs qui s’engagent à ne plus vendre le produit de la pêche en eaux profondes.

 

Mais qu’en est-il vraiment ? Qu’est-ce que la pêche en eaux profondes et que doit-on en penser, nous, simples consommateurs ?

La France et l’Espagne sont particulièrement concernées puisque ce sont les plus gros pêcheurs en eaux profondes. Et le Parlement européen leur a donné raison en rejetant, début décembre, l’interdiction de cette technique de pêche particulièrement destructrice.

Cette technique de pêche consiste à tracter un filet sur les fonds marins compris entre 400 à 1 500 mètres sous la surface des flots.Ces filets de 150 m de large équipés de plaques métalliques raclent les fonds marins et sont capables de capturer soixante tonnes de poissons en vingt minutes. Pratiquée essentiellement au large de l'Ecosse et de l'Irlande, elle est dénoncée par les écologistes et le gros de la communauté scientifique comme particulièrement destructrice pour les fonds marins, et les espèces fragiles des grands fonds. Pour six espèces principales commercialisées – lingue bleue, grenadier de roche, sabre noir, phycis de fond, dorade rose et béryx –, le chalut en ramasse des dizaines d’autres, rejetées par-dessus bord. Surtout, le filet endommage sur son passage coraux, éponges et racle les sols sédimentaires.

Qui dit pêche industrielle dit navires-usines. Ces chalutiers industriels mesurent parfois plus de 50 m de long. Les plus gros, les chalutiers-congélateurs, peuvent atteindre les 150 m de long. Ils sont capables de transporter des milliers de tonnes de poissons dans leurs cales. Dans le monde, "environ 285 navires «pêchent en eau profonde, estime Claire Novian, fondatrice de l'association Bloom.

L’élimination progressive des chaluts de fond et filets maillant de fond par les pêcheries européennes d’espèces profondes ne concernerait que 1% du total de la pêche du la zone visée, l’Atlantique du Nord-Est.

Selon un sondage BVA, 71% des français sont opposés à la pêche en eaux profondes, et sont prêts à mettre la pression sur les enseignes en boycottant le poisson pêché en eaux profondes.

Carrefour et Casino se sont d’ores et déjà engagés à ne plus vendre le produit de la pêche en eaux profondes. Auchan annonçait dans un communiqué la suspension de la commercialisation de trois espèces particulièrement représentatives du péril de la biodiversité des fonds sous marins : la lingue bleue, le sabre noir et le grenadier de roche. Super U, quant à lui, s’y est engagé avec maintes précautions car il n’est pas propriétaire de ses bateaux de pêche ! Et la polémique enfle à propos d’Intermarché qui  est un partisan historique de la pêche de poisons des profondeurs car l’enseigne est la seule à posséder sa propre flotte de pêche, la controversée Scapêche. Fabien Dulon, DG de la Scapêche, a confirmé et redit que la Scapêche se donne 5 ans pour réformer ses pratiques et qu’elle « tend la main aux ONG et leur propose de s’associer à elle pour l’élaboration d’un cahier des charges de production ».

Metro, Picard surgelés ou Cora sont également dans le viseur car ils commercialisent des poissons pêchés dans les grands fonds.


Back to top