Sélection pour le Goncourt 2011

9782246771814

Comme tous les ans, septembre marque en même temps que celle des petits écoliers sa rentrée littéraire et avec elle les premiers noms des prétendants aux différentes listes des prix attribués chaque année en France. Nous allons nous intéresser aujourd’hui à la liste des premiers candidats pour le prix Goncourt publiée par l’académie du même nom en ce début septembre 2011.

Cette première sélection comporte une quinzaine de noms, mais nous allons parler ici de deux de ces auteurs et de leurs ouvrages. La liste dans son intégralité est consultable sur le site de l’Académie Goncourt à cette adresse : http://www.academie-goncourt.fr/

Simon Libérati Jayne Mansfield 1967 chez Grasset

Livre unanimement salué par la critique dans son ensemble, Jane Mansfiels 1967 revient sur le destin tragique de la comédienne Jane Mansfield qui, il faut bien le dire à regret, est un peu tombée dans l’oubli. En s'appuyant sur un travail d'investigations très astucieux, à l'exclusion de toute prise à partie, Simon Liberati nous livre dans ce dernier roman les grands événements connus qui ont jalonné la vie de Jayne Mansfield et de son dernier compagnon Sam Brody, sur les deux dernières années de son existence ( 1966-1967 ). A partir du drame de sa mort, un accident où sa Buick est percutée par un camion et où elle meurt broyée le 29 juin 1967, l’auteur fouille dans le passé de cette actrice sulfureuse, il raconte sa prédilection pour le rose et la tentation du satanisme, l’amour des chiens et le whisky à haute dose, les coups de ses amants... 

Simon Liberati aime cet univers glamour et ces femmes au destin hors du commun. Fils d’une ex danseuse des Folies Bergères qui avait pour amie une dresseuse de fauves du cirque Bouglione, il fut marqué très jeune par la plantureuse Jane Mansfield et lui rend ici un vibrant hommage.

Foenkinos-souvenirs

David Foenkinos Les Souvenirs chez Gallimard

Voici un livre délicieux plein d’humour (noir parfois) et un peu farfelu qui traite d’un sujet que nous connaissons tous : la solitude et la mémoire. Le point de départ est la mort d’un grand-père tant aimé dans la vie du narrateur, un jeune homme solitaire, mal aimé par ses parents, qui  rêve de devenir écrivain, et travaille en attendant comme veilleur de nuit dans un hôtel puis s’enchainent la mise à la retraite forcée de sa grand-mère, sa fugue, sa disparition, la folie qui ronge sa mère, la rencontre de la femme de sa vie et son mystérieux éloignement... L’auteur traite ici de « cette saloperie » d'Alzheimer, de la dépendance des personnes âgées, malades, de la déchéance physique ou psychique, de l'acharnement thérapeutique aussi mais avec beaucoup d’humour comme nous l’avons dit plus haut mais aussi de l’absurde et de l’ironie. On se reconnaitra tous, nous qui avons accompagné des personnes âgées malades ou dépendantes dans ces anecdotes là, avec par exemple cette description  « du tableau de la vache » dans la maison de retraite. Un bien beau titre aussi puisqu’il faut ne garder que « les souvenirs » quand tout le reste s’en va….


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