Philtre d’amour de Tobie Nathan

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Ce livre n’est pas une nouveauté, sorti il y a quelques mois il mérite néanmoins que l’on en parle, tant par son contenu original que pour ses conseils surprenants !

 

Tobie Nathan est professeur de psychologie à l'université Paris-VIII. Il est le représentant le plus connu de l'ethno-psychiatrie en France. Il a notamment publié L'Influence qui guérit, Psychanalyse païenne et Psychothérapies, ainsi que, récemment, La Nouvelle Interprétation des rêves, qui ont été de très grands succès.

«On ne tombe pas amoureux au gré des rencontres, charmé par un corps harmonieux, un doux visage, une belle âme, mais parce qu'on a été l'objet d'une capture délibérée : objets magiques, philtres, parfums, prières, rites, paroles ésotériques, nourritures ou boissons préparées.

J'explore ici les stratégies les plus efficaces.

J'ai aussi recueilli les confidences des amoureux et les plaintes de certaines personnes en souffrance. Ces mêmes pensées poursuivent leur chemin dans l'intimité des cœurs et parfois dans les cabinets de psy.

Toute mon expérience me permet de vous présenter ici à la fois un guide pratique et les clés de ce qu'est vraiment la passion amoureuse.» Tobie Nathan.

Extrait du livre :

La passion amoureuse est le résultat d'une manipulation. Je vais donner foi ici à une idée répandue à travers le monde selon laquelle, loin de naître spontanément entre deux personnes, la passion amoureuse serait déclenchée par une action délibérée. On ne tomberait pas amoureux au gré des rencontres, charmé par un corps harmonieux, un doux visage ou une belle âme, mais parce qu'on aurait été l'objet d'une capture délibérée. Objets magiques, philtres, parfums, prières, rites, paroles ésotériques, nourritures ou boissons préparées... Je focaliserai mon intérêt sur les innombrables manières de faire et sur leurs modes d'action et d'efficace, sur les théories qui les gouvernent, sur les mondes qui les abritent.
Idée à rebours, je le concède, décalée, dans un monde où on regarde les humains comme des singletons ; où on a introduit pêle-mêle les interactions complexes et les émotions dans une intériorité confuse, la «psyché», perdant la passion des anciens pour les regards, les touchers, les senteurs et les objets. Un monde dont la philosophie est l'apologie du «désir», lequel se trouve être celui du consommateur, lui aussi manipulé, par des techniques au moins aussi sophistiquées que celles auxquelles je vais m'intéresser ici. Monde étrange que celui des «modernes», qui tourne en dérision la paille des techniques d'amour, ignorant la poutre de ses propres techniques de marketing. C'est pourquoi je ne prêterai pas attention aux pensées communes que me renverront les litanies des presses du cœur et la vulgate d'une psychanalyse infantilisante. Je considérerai ici que la passion amoureuse qu'éprouve l'un est le résultat des pratiques d'un autre. C'est le point de départ. Cette idée n'est pas seulement répandue dans ce qu'on appelle avec condescendance les «croyances populaires» ; on la retrouve dans des théories savantes, en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud, en Indonésie ou en Inde - ailleurs aussi, sans doute. L'insistance de ces théories lointaines, qui ont su résister aux sirènes de la modernité, vient faire écho à d'autres très semblables que nous connaissions dans le monde occidental jusqu'au XVIIIe siècle au moins qui, elles aussi, faisaient usage d'objets techniques pour déclencher la passion. Du reste, à écouter les confidences actuelles des amoureux et les plaintes de certaines personnes en souffrance, ces mêmes pensées poursuivent leur chemin dans l'intimité des cœurs et parfois dans les cabinets des psys.

Alors ce résumé et cet extrait vous ont-ils donné envie d’en savoir plus ?

« Philtre d’amour » de Tobie Nathan, édité chez Odile Jacob, environ 22,90 €.


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