Les prix littéraires du mois de novembre

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Le mois de novembre est à peine commencé que les prix littéraires pleuvent et quand on sait que les prix Goncourt, Renaudot ou Fémina font décoller les ventes dans toutes les librairies, il est bon de jeter un œil sur les trois livres, et leurs auteurs, récompensés ce mois-ci par ces prix si prestigieux.

Le prix Goncourt 2013 a donc été décerné à Pierre Lemaitre pour Au revoir là-haut chez Albin Michel. Le synopsis : « Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts. Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.
Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants. »  Pierre Lemaitre, auteur de polars reconnu, traduit en vingt langues et qui faisait avec cet ouvrage sa première excursion hors du roman policier, voit dans ce prix le couronnement d'"un savoir-faire qui vient du polar, du roman populaire", et a déclaré que "c'est une bonne nouvelle pour la littérature populaire".

Le prix Renaudot 2013 a été lui décerné à Yann Moix pour Naissance chez Grasset. Le synopsis : « La naissance ne saurait être biologique : on choisit toujours ses parents. Naître, c'est semer ses géniteurs. Non pas tuer le père, mais tuer en nous le fils. Laisser son sang derrière, s'affranchir de ses gènes. Chercher, trouver d'autres parents : spirituels. Ce qui compte, ce n'est pas la mise au monde, mais la mise en monde. Naître biologiquement, c'est à la portée du premier chiot venu, des grenouilles, des mulots, des huîtres. Naître spirituellement, naître à soi-même, se déspermatozoïder, c'est à la portée de ceux-là seuls qui préfèrent les orphelins aux fils de famille, les adoptés aux programmés, les fugueurs aux successeurs, les déviances aux descendances. Toute naissance est devant soi. C'est la mort qui est derrière. Les parents nous ont donné la vie ? A nous de la leur reprendre. Le plus tôt possible. »Ce gros pavé de de 1,3 kilo et de 1 152 pages est le seul livre à avoir figuré simultanément dans les sélections des prix Goncourt, Renaudot, Médicis et Décembre. On peut aimer ou pas le style de Yann Moix, entre humour, mégalomanie et cynisme mais il a déclaré à sa remise de prix : « "C'est un prix qui était fait pour moi et pour lequel j'étais fait, un prix adapté à la folie des écrivains, qui peut digérer leur folie"

Le prix Fémina 2013  a été décerné à Léonora Miano pour La Saison de l'ombre chez Grasset. Le synopsis : « « Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d'âge mûr, évaporés dans l'air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? » Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l'intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l'écart. Quel malheur vient de s'abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d'une quête initiatique et périlleuse, les émissaires du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux. Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L'histoire de l'Afrique sub-saharienne s'y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de « l'obligation d'inventer pour survivre. » Après Les Aubes écarlates (Plon, 2009), qui évoquait déjà les "disparus" de la traite, La Saison de l'ombre donne le premier rôle au petit peuple des broussards,"ceux dont on ne dit jamais rien", comme les a désignés l'auteur, en 2011, dans un discours prononcé au Brésil, publié dans Habiter la frontière (L'Arche, 2012).


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