Au revoir monsieur Baudis

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Ce billet d’humeur est un peu différent des précédents, pas de coup de gueule aujourd’hui, pas de cri de colère mais un hommage ému à un homme, Dominique Baudis, qui vient de nous quitter à 66 ans d’un cancer généralisé.

Lorsque j’étais enfant, je regardais avec admiration ce présentateur du JT de 20 h que je trouvais beau avec ses yeux bleu azur et sa crinière blonde. Dominique Baudis fut correspondant de l'ORTF puis de TF1 au Proche-Orient et couvrit la guerre du Liban. Il était jeune et beau, dynamique et plein de promesses. Il fit une brillante carrière de présentateur de 1978 à 1882, mais savait qu’une autre vie l’attendait ailleurs.

Ailleurs, à Toulouse, où son père était maire depuis 1971.  Il renonce alors au journalisme et est élu maire de la ville rose en 1983. Les toulousains de tous les bords politique ont aimé ce maire qui fit tant pour la ville où il fut réélu jusqu’en 2001. La ville lui doit le métro, la Cité de l’espace, le musée des Abattoirs, la médiathèque. Mais Toulouse ne l’a pourtant pas épargné et l’affaire Alègre lui laissera des séquelles morales irréversibles. Pour rappel il fut mis en cause par des prostituées de la région de Toulouse dans l'affaire du tueur en série. Accusé de proxénétisme, viol, meurtre et actes de barbarie, il révèle publiquement cette sordide affaire au journal de TF1. Il ne sera totalement innocenté par la justice qu'en 2005 et racontera son calvaire dans un livre, Face à la calomnie.

Sa nomination en janvier 2001 à la tête du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) par le président Jacques Chirac l'oblige à démissionner de tous ses mandats et fonctions. C’est à lui que l’on doit notamment la TNT mais aussi la lutte contre la pornographie sur le net et bien plus encore car c’était un homme droit, honnête et profondément humaniste.

Il a été nommé le 22 juin 2011 pour un mandat de six ans non renouvelable au poste de défenseur des droits, qui absorbait les missions du médiateur de la République, du défenseur des enfants, de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) et de la commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).

Aujourd’hui après que le monde politique et médiatique ait unanimement salué ce grand monsieur, les drapeaux sont en berne au Capitole, la mairie de Toulouse et les toulousains se sentent orphelins. La mort de Claude Nougaro avait déjà beaucoup touché les habitants de cette si jolie ville du sud-ouest et de ses environs, celle de Dominique Baudis verra une fois encore la ville rose en noire et Sous la tonnelle tenait à rendre un dernier hommage à « un monsieur bien » car avec lui meure aussi une partie de notre enfance !


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