Le machisme, un mal ordinaire ?

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A l’heure où la vie du premier dignitaire de l’Etat s’affiche à la une des médias, une question se pose à nous. Le machisme est-il mort ? Est-il toujours un mal ordinaire et banalisé ? Il faut croire que oui au vue du regard que beaucoup portent sur l’attitude des hommes, même les plus influents, dans notre société dite « moderne ».

 

Il faut dire que l’histoire de France est jalonnée de roi, d’empereurs et plus tard de chefs d’Etat à la vie amoureuse sulfureuse ! Et les français ont l’air d’en être fiers à l’image des italiens qui sourient des frasques sexuelles de leurs hommes politiques.  Mais l’hypocrisie sur cet état de fait est en train de tomber petit à petit, mais alors vraiment petit à petit. Nous n’interviendrons pas ici sur le débat épineux de la vie privée des hommes publics, ce n’est pas notre sujet mais l’on peut réfléchir à la capacité d’un homme à gouverner un pays lorsque son attitude personnelle fait penser qu’il est peut-être changeant, qu’il a du mal à trancher, à se laisser gouverner lui-même par une femme ou que sa libido est importante ?

Nous pouvons toutefois réagir quant au traitement des épouses, concubines ou plus largement des femmes dans notre société. Faut-il un statut à la première dame de France, terme qui est d’ailleurs faux dans notre pays, pour qu’elles soient autre chose que ce que l’on attend d’elles : des potiches et des mannequins représentant la mode française de par le monde ?

Parce que concernant la compagne du Président de la République, les phrases du genre « Ce n’est pas la première cocue du monde tout de même » ont été entendues, on remet en cause son humiliation publique, sa souffrance de femme bafouée, les causes de son hospitalisation et cela même si cette femme n’est pas une des femmes les plus sympathiques qui soient et n’est guère aimée des français (a-t-elle tout fait pour se faire aimer d’ailleurs ?), elle mérite un tant soit peu de considération en tant que femme !

Sans rentrer dans le détail de la vie de ce couple là comme d’un autre, il nous semble flagrant que le mensonge, la tromperie et la duplicité soient autant de traits de caractère autorisés voire pardonnés et banalisés dans notre société machiste. Et cela fait sourire les hommes comme les femmes d’ailleurs pour qui le sujet est parfois épineux ! D’ailleurs avez-vous remarqué que d’être « cocu(e) » est une insulte envers la personne qui en souffre et pas envers la personne qui cocufie ?

Sans tomber dans l’extrémisme de certaines féministes (l’extrémisme n’est jamais bon quel qu’il soit), il faut reconnaitre que les religions monothéistes n’ont guère aidé la condition des femmes qui étaient, dans les 3 religions monothéistes, des femmes sur lesquelles les hommes, maris, pères ou frères, avaient un droit de vie et de mort sans que cela n’émeuve qui que ce soit ! Il en est de même pour les psychanalystes tels que Freud, qui même s’il a fait évoluer le monde de la psychanalyse moderne, a basé toute sa théorie sur un principe machiste, le complexe d’Œdipe et qui parsème son œuvre de phrases extrêmement  négatives sur les femmes et leur « envie de pénis » !

Les femmes politiques d’ailleurs ne manquent pas d’alerter le public sur le machisme ordinaire qu’elles subissent, les sobriquets familiers ou douteux et si le président est un homme « normal », il est bien triste de constater que la fidélité, la loyauté et le non-mensonge sont toujours et encore des attributs masculins communs à tous les hommes « normaux » !

Mais ce machisme ordinaire est-il uniquement le fait des hommes ? Car tous ces hommes là ont des mères, des femmes donc et tant que les femmes n’élèveront pas leur fils dans le respect des autres femmes nous vivrons dans un monde de machos qui parfois s’ignorent mais qui reproduisent depuis si longtemps ce que l’on peut appeler des comportements caricaturaux machistes de puissance, de non-respect des femmes et surtout d’appétits sexuels parfois énormes que toute la société prend pour un gage de bonne santé mentale !


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