La langue française se meurt

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Est-ce une idée rétrograde que de penser que la langue française se meurt ou un constat simple et pourtant désolant mais néanmoins réaliste ?

Notre langue est belle, riche, parfois complexe mais elle a donné quelques textes qui sont certainement les plus beaux et les plus lus au monde. Mais sans aller jusqu’à parler (ou écrire) comme Victor Hugo ou Verlaine il faut reconnaitre que le vocabulaire de nos contemporains s’étiole et s’amenuise. Et que dire des fautes de syntaxe qui deviennent monnaie courante et qui ne sont même plus ni reprises ni corrigées tant elles sont entrées dans les mœurs ?

A la base, le français est appris dans la petite enfance, et les méthodes de lecture globale ont amené quantité de jeunes à ne plus savoir orthographier les mots et surtout à ne plus se poser les bonnes questions lors de l’élaboration d’une phrase simple.  Il existait pourtant à une époque pas si lointaine quantité de petits moyens mnémotechniques qui nous aidaient à savoir si le verbe était à l’infinitif ou au participe passé, s’il fallait mettre ce ou se ; on parait nos phrases de ponctuations qui étaient comme autant de petites respirations. Aujourd’hui on parle de supprimer le point-virgule qui n’est plus employé, les phrases se font plus courtes, moins élaborées.

Que dire des expressions telles que « c’est le blouson à mon frère » ? Le à employé à la place du de est devenu presque normalisé et cela dans tous les milieux malheureusement, y compris dans les médias où le français n’est pas toujours le plus pur, sans doute pour attirer le plus grand public possible. Notre société est, une fois de plus, tirée par le bas, se complait dans la médiocrité et ne veut plus se donner du mal pour accéder à l’excellence.

Pourtant de nos jours tant de nouvelles technologies permettent en un clic de s’assurer de la bonne orthographe d’un mot, que ce soit les correcteurs automatiques, les sites de conjugaisons ou d’orthographe, vérifier une règle de grammaire, etc…. Fut une époque où n’existait que le dictionnaire pour s’assurer de l’orthographe d’un mot. Ces nouvelles technologies, au lieu de nous rendre curieux, nous rendent paresseux.

Quant à la langue anglaise, elle devient pratiquement plus courante chez les jeunes que leur langue maternelle. Soit, il est bien de parler cette langue et de la manier couramment pour s’ouvrir au monde professionnel par exemple,  mais est-ce que ce doit être au détriment du français ? Combien de jeunes gens aujourd’hui négligent l’orthographe et la conjugaison française, les trouvant trop compliqués, pour pratiquer l’anglais qu’ils trouvent plus faciles ? Il suffit de regarder tant de jeunes artistes voulant exercer le métier de chanteurs qui apprennent des textes en anglais et rejettent ceux de leur propre langue. Il est vrai que l’on initie les enfants de plus en plus jeunes aux langues étrangères, parfois à la crèche puisqu’il existe des crèches bilingues ou trilingues, négligeant bien souvent de leur apprendre les bases de la langue française. Et c’est bien dommage car il faudrait sans doute déjà apprendre à maîtriser sa propre langue avant de se lancer dans l’apprentissage d’une autre.

Alors est-ce vraiment rétrograde ou réactionnaire de vouloir que nos enfants possèdent toutes les bases qui ont servi à notre langue d’être ce qu’elle est ou ce qu’elle a été et devons-nous céder à cette nouvelle facilité qui veut que l’on ne se donne plus la peine de savoir pourquoi tel ou tel mot s’écrit ainsi ou  de comprendre telle ou telle règle de grammaire ? Doit-on céder à la médiocrité et la paresse ambiante ? Sans faire preuve d’élitisme ou de snobisme, l’on préférera toujours une personne s’exprimant correctement montrant ainsi une volonté de bien faire, un respect de soi et des autres, à quelqu’un qui égratigne et ne respecte pas notre si belle langue et ses interlocuteurs ! 


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